Les séparées, roman

Kéthévane Davrichewy

Sabine Wespieser Éditeur

  • par (Libraire)
    8 août 2012

    Une belle histoire d'amitié. Alice et Cécile, la quarantaine, se sont perdues de vue, sans trop savoir pourquoi.
    L'auteur déroule le fil de leur amitié et ce qu'elles ont partagé: des amours, des maisons de vacances, des voyages...
    Délicatement écrit et décrit, le temps passe...


  • 1 juin 2012

    Très beau roman!

    Alice et Cécile se connaissent depuis leur plus jeune âge. Après avoir été séparées en maternelle, elles se retrouvent en primaire et ne se quitteront plus jusqu'à l'âge adulte, moment où leurs vies prendront d'autres chemins.

    Toutes deux évoluent dans des milieux très différents : Alice vit avec ses trois soeurs et ses parents pro Miterrand et c'est une famille soudée et pleine de vie, Cécile est issue d'une famille bourgeoise et vit avec ses parents dans un milieu strict, triste et ordonné, et où son sa seule bouffée d'oxygène est son demi-frère, Philippe, pour qui elle éprouve un amour inconditionnel.

    Nous suivons l'évolution de leur amitié et certaines étapes de leur vie, que ce soit des moments de bonheur ou tristesse. Leur voix s'entremêlent à travers les chapitres et laissent éclater leur rancoeur, leur regret, et leur colère.

    C'est un roman fort et bouleversant, écrit d'une plume superbe et délicate.


  • 1 mai 2012

    Alice et Cécile étaient les meilleures amies du monde. Elles ne se cachaient rien et vivaient tout à deux. Mais c’était avant : maintenant, les deux femmes mènent leur vie loin l’une de l’autre. « Le plus souvent, elle s’efforçait de ne pas penser à Cécile. Ou, au contraire, elle s’y obligeait, car l’oubli était indigne. Peut-être était-il simplement impossible. Leurs vies avaient été trop intimement liées pour que son inconscient la libère. » (p. 15) La merveilleuse amitié a laissé place à la distance et à la rancœur.


    Très vite, on comprend que Philippe, le frère adoré de Cécile, a joué un rôle déterminant dans l’amitié entre les deux filles. « Ce garçon mythifié se mit à hanter Alice. » (p. 33) Si l’on se doute vaguement de la suite, ce n’est que le sommet de l’iceberg. Dans la famille de Cécile, il n’y a que mensonges, secrets et dissimulations. Alice était plus heureuse avec ses sœurs et ses parents soudés. « Elle fut parfaite, adoptant une attitude d’acolyte atone qui resterait la sienne pendant des années. À la lisière de la vie de son amie, elle l’assurait de son soutien et de sa compréhension sans faille. » (p. 39) Les deux gamines, puis adolescentes, vivaient à la fois chez l’une et chez l’autre, chacune toujours présente pour la seconde. « Heureusement que tu existes dit Cécile. / Oui, répondit Alice, heureusement que nous sommes là. » (p. 49)
    Mais les voilà, Alice et Cécile, des années plus tard. Elles se sont mariées, ont divorcé et eurent des enfants. Elles se sont éloignées. « Cécile aurait dû savoir qu’Alice n’était pas toujours ce qu’elle paraissait être, tout comme Alice le savait de Cécile. » (p. 103) Mais pour Cécile, le dialogue continue, même s’il n’est qu’intérieur. Dans sa chambre d’hôpital, plongée dans le coma, elle s’adresse à son amie perdue et comble les blancs que les souvenirs d’Alice laissent à chaque page. On refait alors tout le chemin qui a mené à la séparation, on trébuche avec elles sur tous les petits obstacles qui ont consommé la rupture. « Imperceptiblement, l’attention, la tendresse, se sont transformées en irritation, en impatience. » (p. 120) D’un chapitre à l’autre, on entend la voix de Cécile ou l’on se perd dans le récit solitaire d’Alice.
    En marge de l’histoire de cette amitié, on revit les années 80 qui, pour certains, furent glorieuses. Glorieuses, elles le sont au moins dans les mémoires. On assiste aux relations amoureuses de jeunes gens qui vivent dans la futilité du contact, mais qui sont avides de créer du lien. J’ai été très sensible aux deux premiers tiers du roman. La fin m’a un peu ennuyée : comme l’impression que l’auteure a accumulé les révélations fracassantes pour relancer un récit qui avançait très bien tout seul.
    Mais le nœud de l’histoire me parle profondément. Une amitié sublime et perdue, je sais ce que c’est, d’autant que j’en suis majoritairement responsable. J’ai apprécié la façon dont l’auteure présente la lente décrépitude du lien : les séparations tonitruantes, c’est finalement assez rare. On vit plus souvent un relâchement et une lassitude coupables. Kéthévane Davrichewy offre un récit sensible et pudique finalement convaincant.


  • 30 mars 2012

    Alice et Cécile se connaissent depuis le plus jeune âge et sont soudées par une amitié fusionnelle entamée au collège sous la France de Mitterrand. Un peu plus de trente plus tard, cette amitié possessive, unique s'écrit au passé, enterrée par toutes les deux.

    Ce roman alterne des flash-back depuis les années quatre-vingt et le présent des deux femmes trente ans plus tard. Issues de milieux différents, Alice et Cécile nourrissent leur adolescence de lectures et de musiques. Leur amitié si forte et si précieuse est entière. Devenues quinquagénaires, leur amitié n’aura pas résisté aux lézardes qui se sont formées. Même si comme dans un couple, elles auront tenté de braver les creux en espérant retrouver cette complicité perdue. Il n'y pas une seule raison qui a provoqué la fin de cette amitié mais l’amoncellement de petites couches empilées de non-dits, de concessions faites et regrettées, de remords enfouis et de jalousie. Ce qui les liait n'a pas été remplacé par de l'indifférence. Pire, cette amitié forte tissée sur des années a laissé place à de la rancœur. Le présent est bien loin des jours heureux. Alice est désœuvrée. Elle vient de clore son histoire d'amour qui durait depuis plus de vingt ans tandis que Cécile est plongée dans un coma profond suite à un accident.

    Le ciment et les failles de cette amitié se nichent dans une écriture toute en finesse.
    Après "la mer noire", toujours avec sensibilité, Kéthévane Davrichewy nous parle du cheminement intérieur de deux jeunes filles devenues des femmes : les espoirs, les pensées non avouées à l'autre, les rêves, la part du jardin secret que chacun préserve, les désillusions multiples. Des sentiments complexes ressort une émotion qui est palpable! Encore une belle lecture qui m'a touchée et qui a réveillé bien des souvenirs sur de nombreux plans…


  • par (Libraire)
    16 février 2012

    Les séparées

    Alice et Cécile se connaissent depuis la maternelle. Elles se sont trouvées, elles se sont choisies. Une amitié fusionnelle, possessive,exclusive. Elles partagent tout: les bonheurs, les premiers émois, les chagrins les silences... Mais au fil du temps,de la vie, leur amitié s'étiole, leur couple se délite non sans souffrance.
    Avec beaucoup de finesse, pudeur et retenue, Davrichéwy excelle à narrer la fin de l'enfance, des illusions, le deuil d'une relation, le désamour tout simplement.
    Voici une citation de Montaigne que nous aurions pu trouver dans l'un des nombreux carnets noircis par les deux amies et qui résume parfaitement leur relation: "Parce que c'était lui, parce que c'était moi."