Les désunions de la magistrature, (XIXe-XXe siècles)
EAN13
9782379280849
Éditeur
Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole
Date de publication
Collection
Études d’histoire du droit et des idées politiques
Langue
français
Fiches UNIMARC
S'identifier

Livre numérique

  • Aide EAN13 : 9782379280849
    • Fichier PDF, libre d'utilisation
    • Fichier EPUB, libre d'utilisation
    • Fichier Mobipocket, libre d'utilisation
    • Lecture en ligne, lecture en ligne
    9.99

Autre version disponible

La magistrature, et la justice avec elle, génère depuis plusieurs années une
littérature abondante. De la presse quotidienne aux essais les plus savants,
les difficultés de l’institution judiciaire, autant que ses défauts,
nourrissent une interrogation où la magistrature, comme objet d’étude, occupe
une bonne place. On s’inquiète de sa responsabilité ; on veut connaître scs
opinions. On suppose son pouvoir, ou on déplore qu’elle n’en ait aucun. Chaque
fois, le singulier s’impose et désigne un « corps de magistrats » doté, par la
magie évocatrice de l’unité supposée, d’une puissance et d’une majesté que la
justice entretient visiblement jusque dans ses temples et ses atours. Un
singulier qui résonne plus fort encore lorsqu’il s’agit de l’opposer, tels
deux blocs antagonistes, au pouvoir politique. Monde judiciaire, ordre
judiciaire, autorité ou pouvoir judiciaire : la conflictualité qui marque les
rapports entre « le » pouvoir juridictionnel et « le » politique s’embarrasse
rarement des nuances constitutives du corps divers de la magistrature.
Pourtant, l’unité doit-elle suivre ce singulier d’usage ? A l’image d’un monde
complexe, la magistrature est bien traversée de divisions sociales et d’une
pluralité de représentations et d’habitudes mentales. La variété des statuts
de ses membres, les blocages hiérarchiques - propres au moins à tout système
administratif - les résistances entre magistrats supérieurs et inférieurs, les
conflits de compétence ou de juridiction, les rivalités entre « le » siège et
« le » parquet, l’cclatcmcnt des ordres juridictionnels, le pluralisme
syndical, les parcours politiques individuels : tout invite à se méfier d’un
singulier forcément trompeur, porteur de représentations conventionnelles, et
à explorer, en complément, les diversités de la magistrature. Dans un contexte
marqué par le regain de tensions entre le politique et « le » juge,
l’historien peut alors proposer une interrogation sur les formes et le contenu
de ces conflits à partir de l’hypothèse des désunions internes d’un corps
excessivement présenté dans sa capacité d’union. A partir du cas de la France
et de l’Italie, où l’histoire de la justice autant que son actualité sont
marquées par des conflits ouverts et assumés par les deux pouvoirs, avec
l’exemple de l’Espagne et de la Suisse également, le livre explore la piste
des désunions de la magistrature comme élément éclairant d’une conflictualité
ancienne aux formes et acteurs très variés.
S'identifier pour envoyer des commentaires.