Dictionnaire amoureux de Bordeaux
Éditeur
Plon
Date de publication
Collection
Dictionnaire amoureux
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Dictionnaire amoureux de Bordeaux

Plon

Dictionnaire amoureux

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  • Aide EAN13 : 9782259268608
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    17.99

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Bordeaux vu par l'artisan de son renouveau.
"Je ne suis pas ne a Bordeaux. Ma ville natale est Mont-de Marsan, le chef-
lieu du departement des Landes, a 120 km environ au sud de Bordeaux. J'y ai
vecu toute mon enfance et mon adolescence. Et Bordeaux dans tout cela ? Mes
grands-parents paternels habitaient Bordeaux. Nous leur rendions visite, mes
parents, ma soeur et moi, de loin en loin. J'en garde peu de souvenirs. A
chaque rentree scolaire, ma mere nous trainait, ma soeur et moi, chez Mod, la
boutique " chic " de la place de la Comedie ou elle nous habillait pour
l'hiver. Elle n'aimait pas vraiment Bordeaux. Nous nous sommes installes a
Bordeaux, Isabelle et moi, en 1994. Nous trouvames la maison de nos reves,
dans un vieil immeuble de l'impasse des Tanneries. Nous y fumes heureux. J'ai
sottement vendu cette maison en 2004, sur un coup de tete. J'etais sous le
choc de ma condamnation et j'avais besoin de rupture.
Nous voici aujourd'hui en plein coeur de ville, entre deux sites strategiques
: la librairie Mollat et le Palais Rohan. Quel bonheur d'aller a pied, chaque
matin, a mon bureau de l'Hotel de Ville. Je repense a la ville telle qu'elle
etait il y a plus de deux decennies. Elle etait certes deja belle mais elle
s'etait assoupie. " La belle endormie ", disait-on. Les touristes qui la
traversaient sur le chemin du sud lumineux la trouvaient noire et ne s'y
arretaient pas. Elle etait noire en effet. Elle y mettait une sorte de
coquetterie. Quand j'ai lance ma premiere campagne de ravalement, je me
souviens qu'un ecrivain bordelais s'est afflige, dans la presse, de voir
s'effacer la ville de suie... et sa poesie tres particuliere. Bien vite les
Bordelais se sont aperçus que ravaler, c'etait aussi restaurer des batisses
qui en avaient souvent besoin ; que c'etait surtout reveler les details d'une
architecture dissimules sous la crasse. La contagion a vite joue et les
Bordelais ont redecouvert leur ville.
En presentant mon premier projet urbain, j'avais deux idees directrices :
d'abord doter l'agglomeration d'un transport collectif moderne et puissant
pour prevenir la congestion naissante des deplacements ; et reconquerir ou
conquerir les deux rives de la Garonne pour ouvrir resolument Bordeaux sur son
fleuve. La rive gauche avait ete desertee par le port qui n'y avait laisse que
des hangars en ruine. Quant a la rive droite, c'etait encore, pour les
Bordelais " classiques ", un espace quasiment inconnu, un autre monde qu'on ne
frequentait pas. " Obscur tabou ? Loi non ecrite ? " se demande J.M. Planes
dans son opuscule sur les Quinconces.
Les temps ont change. Le tramway est devenu une sorte de cordon ombilical
entre la rive gauche et la rive droite qui n'est plus " le rognon racorni "
dans le meandre du fleuve dont parlait J.M. Planes dans un autre texte. Le
pont de pierre desormais reserve aux transports en commun et aux deplacements
doux accueille jusqu'a 10 000 cyclistes par jour et une nuee de pietons.
L'amenagement des quais est plebiscite. Il a transforme un no man's land en
lieu de vie quotidiennement frequente tant par les habitants de la ville et de
la metropole que par les touristes. Quel bonheur pour moi d'y rencontrer des
citoyens heureux, et fiers de leur ville !"
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