La Vie à Paris pendant la Révolution, 1789-1793
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français
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La Vie à Paris pendant la Révolution

1789-1793

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« Parmi les causes multiples de la Révolution, on néglige généralement d’en
signaler une : La France, au temps de Louis XVI, était trop heureuse. Elle se
flattait de l’illusion qu’il suffirait d’un faible effort pour propager son
bonheur et transformer l’Europe entière en un paradis terrestre.
Nos trisaïeuls fondaient cette présomptueuse conviction sur l’orgueil d’être
français, d’appartenir à la nation la plus raffinée, la plus élégante et la
plus industrieuse du monde ; à l’égard des étrangers, ils témoignaient d’une
indifférence un peu dédaigneuse : ils savaient que toutes les chancelleries
avaient adopté notre langue ; le roi de Prusse, lui-même, parlait et écrivait
en français. Le moindre bourgeois parisien jugeait inutile de voyager « pour
voir des choses inférieures à ce qu’il possédait chez lui » et considérait les
souverains étrangers comme des petits rois de province : le seul, le vrai
monarque était celui de Versailles. Mercier, l’auteur du Tableau de Paris,
disait à un Anglais : « Qu’est-ce que votre roi ? Il est mal logé : ça fait
pitié. Voyez le nôtre : est-ce un château superbe ? Quelle grandeur ! Quel
éclat1 ! » Les plus humbles, en effet, tirent vanité de cette magnificence :
ce serait grande erreur de croire qu’ils en sont scandalisés ou jaloux : elle
les flatte et les mémorialistes de cette époque s’accordent à constater cette
unanimité de satisfaction. Ce qui frappe dans ces récits, c’est que leurs
contemporains, à quelque classe qu’ils appartiennent, ne semblent pas avoir
d’autre préoccupation que de mener la vie facile et, pour s’en tenir aux
Parisiens, il paraît manifeste que, dans les années d’avant 89, ils
s’estimaient parvenus au summum de la félicité humaine ; l’un d’eux, rappelant
plus tard ses impressions d’enfance, écrivait : “L’homme, au matin de la vie,
se croit le maître de la terre ; placé à Paris, il se croit le maître des
cieux.” »
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