Philippe Jaccottet ou le désir d’inscription
Éditeur
Presses Universitaires du Septentrion
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Objet
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Philippe Jaccottet ou le désir d’inscription

Presses Universitaires du Septentrion

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  • AideEAN13 : 9782757426265
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L’analyse de la création de Philippe Jaccottet présentée dans cette étude a
pour originalité de suivre chronologiquement la production du poète et de
tenter une analyse recueil après recueil afin d’en suivre les modulations qui
la parcourent. Par là c’est à une critique de type existentiel que nous avons
affaire. De L’Effraie à Pensées sous les nuages se lisent successivement
l’élaboration et l’épanouissement d’une rêverie réparatrice (L’Effraie,
L’Ignorant, Airs) compensant la conscience cruelle du temps qui tue, la
subversion de cette rêverie par la mystique dans Paysages avec figures
absentes, et un pur affrontement de la négativité qui fait le fond des
derniers recueils ici étudiés : A la lumière d’hiver et Pensées sous les
nuages. Après L’Effraie et ses notations où s’inscrit une sensualité -
notations riches de potentialités de rêveries -, L’Ignorant, livre de sagesse,
s’exerce à la dépossession. Le poète, veilleur, passeur, s’efforce de tourner
avec la lumière, de persévérer avec les eaux et de passer avec les oiseaux.
Éléments d’un songe donne les clefs de l’inspiration des poèmes et proses qui
suivent (Airs, Paysages avec figures absentes) : il s’agit d’être à l’écoute
du divin répandu dans l’herbe. Airs offre une lecture au fil des saisons qui
note le battement de la vie. Dans Paysages avec figures absentes on voit le
poète passer de l’inscription simplement recueillie à la rage de
l’inscription. Insensiblement la page du sensible - si ardemment tenue dans
Airs -, est trouée et la rêverie s’échappe dans l’Illimité. Le paysage devient
sermon. Leçons et Chants d’en-bas rappellent à l’humilité le rêveur trop
confiant dans les mots. L’expérience concrète de la mort qui frappe les
proches détruit toute velléité de poursuivre l’alchimie rêveuse qui rendrait
le monde à l’ignorant frappé par les cris de l’effraie. Le seul trafic avec
l’aérien est un trafic d’homme à homme - et non de l’homme face au monde :
faire prendre air à l’homme appelé par le temps à se fondre inexorablement
dans le bitume sombre (Les Cormorans). Dernier mot, venu de Pensées sous les
nuages : il n’existe nul tisserand dans le monde pour faire naître la
merveille, l’artiste est le seul tisserand qui ne peut délivrer qu’un salut de
vivant à la vie.
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