Michèle R.

13 mars 2017

Parti du Japon à l’âge de vingt ans pour la Toscane, Kurogiku va cultiver l’art de l’origami à partir des trois pousses de kozo (mûrier à papier) qu’il a emportées pour tout bagage. Il occupera son temps à plier mais surtout à déplier ses créations en attendant l’arrivée de la belle italienne à peine entrevue dans son pays natal.
Que cherche-t-il à découvrir dans les plis de ses origamis ?
Casparo, jeune horloger à la recherche d’un toit, va être amené à vivre aux côtés de Kurogiku devenu au fil des années ‘monsieur Origami’.
Que cherche-t-il lui aussi à découvrir en voulant construire « une montre qui puisse contenir toutes les mesures du temps ? ».
Entre échanges et silences les deux hommes méditeront sur le temps qui passe, l’essentiel d’une vie et apprendront autant à donner un sens à leur quête qu’à se connaître eux-mêmes.
Chaque page de ce conte philosophique où chaque mot est à sa place amène le lecteur à se poser pour réfléchir sur sa propre vie.
Un récit qui a la finesse d’un origami.

1 mars 2017

Emma, la quarantaine, mariée, mère de trois enfants, voit sa vie basculer lorsqu’elle croise le regard d’un inconnu dans une brasserie.
Elle n’aura alors qu’un désir, celui de partir pour vivre sa vie et laisser parler son corps.
Son parcours ne sera évidemment pas simple entre les réactions de ses proches et son errance après la disparition de l’être tant désiré.
Son amie, des personnes rencontrées fortuitement, seront là pour elle, pour l’aider lors de son retour auprès de sa famille. Mais le souvenir de l’espoir d’une autre vie est toujours latent.
Grégoire Delacourt s’immisce avec finesse dans les pensées intimes et le corps d’Emma. Les mots sont justes, vrais ; ceux d’une femme passionnée qui veut se sentir à nouveau « vivante », et ceux aussi d’une femme meurtrie.
Le récit, conduit avec brio, et dont l’originalité réside dans la manière dont l’auteur fait écho à l’histoire de la chèvre d’Alphonse Daudet pour comparer les aspirations et les choix d’Emma avec ceux de Blanquette, nous dit l’importance de vivre l’instant présent comme « le seul lieu du bonheur possible ».

Robert Laffont

19,00
23 février 2017

Tunisienne d’origine, quand elle a sept ans, Micheline arrive en France. Elle est l’aînée de la famille.
Après avoir été accusée d’être responsable de la mort de son petit frère en Tunisie ce sont les railleries à l’école, le travail auprès de sa mère qui vont ponctuer ses premières années dans ce pays où elle aimerait voir sa vie changer.
Née dans une famille juive où les traditions se doivent d’être respectées Micheline essaiera de trouver un souffle nouveau lorsqu’elle deviendra femme. Elle aspire à une vie faite de plaisirs, de jouissance.
Mais ce sont violences, douleurs, mal-être qui seront son quotidien.
Dès la première page le style de Sylvie Ohayon installe le lecteur aux côtés de Micheline – la mère de l’auteur- pour vivre avec elle ses déchirures, ses espoirs et surtout ses désespoirs.

6 septembre 2016

Coup de coeur

Mathilde revient au sanatorium où ses parents ont vécu longuement. Laissée seule par ces parents malades, la jeune fille devait aussi s'occuper de son petit frère.
Enfance et adolescence d'une fille trop mure pour son âge, et magnifiques portraits de personnages, Valentine Goby signe notre plus grand coup de cœur de cette Rentrée.

Quelle écriture ! L'auteure de Kinderzimmer confirme son talent. La littérature française ne saura plus compter sans elle, à la hauteur de Laurent Gaudé et d'Alice Ferney.

26 août 2016

Un atelier de peinture, à Paris, en 1880. Des femmes en quête de faire valoir leurs talents d’artistes occupent au sein de l’Académie Julian des places bien difficiles à obtenir. Mais de la détermination elles n’en manquent pas !
La vie de Zélie, une des artistes, est bousculée le jour où le commissaire Alexandre d’Arbourg pénètre dans l’atelier et lui demande de faire le portrait de sa filleule et de l’aider dans une affaire délicate. Pourquoi hésite-t-elle ? Qu’a-t-elle à craindre ?
Contrainte d’accepter la proposition ils vont former un binôme improbable, aux relations complexes.

L’auteur nous fait partager avec enthousiasme un roman policier sur fond d’impressionnisme dans le Paris des Arts mais aussi dans celui des bas-fonds grâce à une écriture soignée, précise.
Tel un tableau des touches de couleurs s’ajoutent aux touches de couleurs pour former un roman à la construction élaborée.

Merci à Sylvie Gilbert d’avoir fait une belle place à la vie des femmes dans son roman et merci aussi à l’Académie Julian de leur avoir ouvert ses portes et permis de s’exprimer.