Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Les Éditions Noir sur Blanc

21,50
20 mai 2022

femme, Pologne

Quel roman riche que celui-ci qui suit 4 femmes depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours dans un petit village de Pologne.

Il y a la mère, Rozela, brûlée au fer à repasser par un groupe de soldats russes après qu’ils l’aient violé.

La soeur aînée Gerta, qui se marie avec l’horloger Edward et part habiter à la ville.

La suivante, Truda, qui se marie avec le commis Jan avant qu’il ne devienne milicien du régime. Mais Jan n’est pas celui que l’on croit.

Et enfin Ilda et sa moto, qui se marie avec un sculpteur connu qui la tien enfermée.

N’oublions pas Jakob, l’ancien amoureux de Truda, reparti vivre en Allemagne après la guerre et qui écrit toujours à son amoureuse polonaise.

Il y a aussi les cochons croisés sanglier qui sont à l’origine d’une nouvelle race.

Bref, un roman foisonnant sur une famille de femmes à la fin du 20e siècle, ces petits riens remarquables et sublimes qui font une vie.

L’image que je retiendrai :

Celles es chaussures à talons hauts que Jakob envoi à Truda d’Allemagne.

20 mai 2022

Victor Hugo

Si j’avais eu une fille, elle se serait appelée Léopoldine, prénom doux et peu commun. Je n’ai pas eu de fille, mais ce prénom résonne toujours en moi.

Ce titre ne pouvait donc que m’attirer.

De Léopoldine Hugo, je savais juste qu’elle était morte jeune, noyée lors d’une promenade en barque.

Cette lecture m’a fait comprendre combien cette mort avait été importante pour son père écrivain. Vous allez me dire : normal, c’est son père.

Mais j’ignorais que, suite au décès de la jeune femme, Victor n’a rien écrit pendant 3 ans. Et quand il reprend la plume, c’est pour défendre les plus vulnérables.

Car où qu’elle soit, sa fille le regarde. J’ai aimé ce leitmotiv du portrait de Léopoldine qui regarde son père depuis le guéridon ou le mur, avec des expressions différentes en fonction des moments.

J’ai aimé la façon dont l’auteur parle de la poésie qui, a ses yeux, est plus que de la poésie : elle est également politique.

L’auteur ayant lui aussi perdu sa fille Lara âgée de 4 ans, le sujet de son ouvrage a une résonance personnelle

J’ai aimé les longues citations de certains poèmes de Hugo, mais j’ai refermé ce livre en me demandant quel était son but.

Quelques citations :

La poésie n’est pas de la décoration. L’âme n’est pas un supplément.

Les premiers de cordée tiendraient légitimement leur rôle dans un monde aussi peu spirituel qu’eux-mêmes. Mais Hugo sait que c’est faux, que le vrai monde réel n’est pas le leur. Léopoldine le lui a dit, la vérité n’est pas matérielle. La matière même, la physique quantique l’a révélé, comporte une part immatérielle irréductible.

Notre vrai sujet commun aujourd’hui, le sujet politique, le seul, est la matière, l’enrichissement matériel. Et nos seuls maîtres légitimes sont les champions de cet enrichissement-là.

L’image que je retiendrai :

Celle de la robe de Léopoldine accrochée sous l’eau et que son mari n’arrive pas à décrocher.

20 mai 2022

Goulag

Zouleikha est une femme tatare musulmane, mais surtout une koulak.

Cette lecture m’a fait réviser mon vocabulaire socialiste : dékoulakisation, menchévique, GPU, et j’en passe.

Je connaissais vaguement une région nommée Tatarstan, en bas à gauche de la grande URSS, mais j’ignorais que le peuple tatar était musulman.

Le roman s’ouvre sur la pauvre vie de Zouleikha coincée entre son mari ivrogne et sa belle-mère qui ne la lâche pas d’une semelle. Elle a accouchée de 4 filles mortes peu après leur naissance.

Zouleikha vit dans la peur de sa belle-mère et de sa religion aux multiples esprits qu’il faut satisfaire.

Etrangement, la déportation au goulag lui sera bénéfique, comme au vieux professeur de médecine Leibe qui bizarrement retrouve toute sa tête en déportation…

J’ai eu de la pitié pour leur gardien en chef Ignatov qui, s’il se montre cruel au départ, fini par voir les visages derrière les noms de ses listes et fait tout pour que ses prisonniers ne meurent pas de faim et de froid.

J’ai été étonnée que ce roman montre que chacun pouvait s’épanouir au goulag : peindre, cuisiner, s’instruire. L’auteur se gardant bien de montrer les travaux de force qui faisaient mourir les prisonniers par centaines.

Mais j’ai aimé le leitmotiv de Zouleikha qui ouvre les yeux sur le monde qui l’entoure et sorte de ses peurs.

L’image que je retiendrai :

Celles de cuillères fabriquées avec des ustensiles de fortune mais dont dépend le bonheur de chacun.

20 mai 2022

famille, guerre

Ce que j’aime dans les romans de Mizubayashi, c’est qu’ils nous parlent de la seconde guerre mondiale au Japon.

Ce dernier ouvrage ne fait pas exception à la règle puisqu’il aborde non seulement les explosions d’Hiroshima et de Nagasaki, mais aussi la guerre de Mandchourie (dite Guerre de 15 ans).

J’ai aimé découvrir le Rescrit impérial aux militaires et aux marins : un ensemble d’ordres adressés par le Prince suprême à tous ses combattants.

J’ai été horrifiée de découvrir cette possibilité donnée par l’Empereur de « l’honorable suicide des cent millions » : dans la défaite, tout le monde meurt….

C’est un roman qui s’ouvre sur 3 scènes dans lesquelles les personnages vomissent. Faut-il y voir la pensée du personnage principal qui vomit les ordres absurdes de son commandant ?

Bien sûr, il sera également question de musique : du Don Quichotte de Richard Strauss, de la symphonie de Chostakovitch.

Un roman comme un puzzle qui fait s’entrecroiser les époques.

Une lecture passionnante encore une fois.

L’image que je retiendrai :

Celle du nom de l’alto : Reine.

20 mai 2022

années 60, enlèvement

De l’affaire du petit Luc Taron, je n’avais jamais entendu parler.

Dans ce livre, l’auteur se lance sur la piste du ou des réels assassins. Parce que le coupable emprisonné, même si il s’est auto-proclamé Etrangleur XXX, n’est pas le bon.

Si j’avais apprécié les précédents ouvrages de l’auteur sur le même principe : on prend une affaire qui a défrayé la chronique, on explique pourquoi le coupable ets en prison, et puis on démonte point par point les pièces du dossier pour aboutir à un autre coupable. Si j’avais apprécié les précédents ouvrages de l’auteur, dis-je, je dois dire que j’ai fini par lire celui-ci en diagonale.

Certes, c’est excitant de revenir sur les lieux. Mais 60 ans après, forcément, tout à changé.

Les digressions de l’auteur à propos de sa santé m’ont moins intéressées, comme si je m’y étais habitué.

J’ai toutefois apprécié de retrouver Modiano dans ce livre fleuve, car, comme l’auteur nobélisé, l’action se situe dans les années 60 avec des personnes interlopes au passé trouble.

Mais, comme le cite l’auteur : « Dans Encre sympathique, en 2019, Modiano, l’éternel Modiano, se pose des questions, plus encore que d’habitude : « Si je continue à écrire ce livre, c’est uniquement dans l’espoir, peut-être chimérique, de trouver une réponse. Je me demande : faut-il vraiment trouver une réponse ?

L’image que je retiendrai :

Celle du sac matelot de l’auteur dont il ne se sépare jamais.